Si on vous demande de quelle couleur est le chiffre 2, saurez-vous me répondre ? On pourrait vous dire que le 2 est plutôt vert, contrairement au 1 qui est plutôt bleu foncé, tandis que le 17 est davantage rougeâtre… Si nous vous avons perdu, c’est surement parce que vous n’êtes pas synesthète. Si, au contraire, cela vous parle, c’est certainement parce que vous l’êtes et que vous l’ignoriez jusqu’à présent.
Environ 4% de la population serait touchée par cette particularité neurologique non pathologique. Un chiffre certainement sous-estimé dû au manque de personnes conscientes de cette spécificité. Il existerait par ailleurs une centaine de formes de synesthésie, avec une gamme très personnelle d’assemblage de sens et d’émotion.

Nous avons interrogé Émilie Magnat, qui coordonne un groupe de recherche intitulé “Synesthésie et Linguistique”, avec six autres chercheurs et chercheuses dont Lorraine Ménière, que nous avons également rencontrée. L’objectif de ces travaux menés au sein du laboratoire ICAR est de mettre en évidence le rapport entre langue et cognition. Les mécanismes de la synesthésie pourraient ainsi être utilisés comme un levier dans l’apprentissage des langues.
Le groupe de recherche se penche sur deux formes de synesthésies, dont la “graphème-couleur”, dans laquelle des stimuli écrits déclenchent la vision de lettres ou groupes de lettres en couleurs. Et également la synesthésie « audition-colorée », qui implique la vision de couleurs à l’écoute de sons.
Si vous estimez être synesthète et souhaitez aider à faire avancer les recherches du groupe de recherche Synesthésie et linguistique vous pouvez partager votre témoignage à l’adresse suivante : emilie.magnat@univ-lyon2.fr