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Ce qui nous fait scroller sans fin : la science nous explique pourquoi…

D.R.
Découvrez comment l’algorithme, la dopamine et nos biais cognitifs nous piègent dans le scroll infini, et les stratégies simples pour reprendre le contrôle.

Vous aviez promis de n’ouvrir Instagram que “deux minutes” ; quarante-cinq minutes plus tard, vous êtes toujours là, happé·e par le flux. Cet écart entre notre intention consciente et le geste compulsif n’est pas un manque de volonté : c’est le résultat d’un design pensé pour dialoguer directement avec nos circuits cérébraux de la récompense. Tour d’horizon des mécanismes (très) précis qui transforment un pouce en métronome et nos soirées en marathons de scroll.

Un fil infini calibré pour notre cerveau

Le principe d’infinite scroll — charger automatiquement du contenu dès qu’on atteint le bas de l’écran — a été étudié dans un suivi in-the-wild d’une semaine auprès de 46 utilisateurs de cinq grandes plateformes sociales. Verdict : plus de 75 % des sessions contenaient du défilement continu et celles dominées par cette fonctionnalité étaient jugées « regrettables » a posteriori par les participants ; les chercheurs parlent même d’un « inner loop » intra-session couplé à un « outer loop » d’habitudes quotidiennes ResearchGate. En clair : l’interface crée un environnement sans friction, donc sans point d’arrêt naturel.

La boucle dopaminergique et la récompense variable

Chaque mouvement de pouce déclenche la promesse — pas la certitude — d’un stimulus plaisant : photo d’un proche, vidéo drôle, mauvaise nouvelle exaltante. Ce schéma de “récompense à ratio variable”, le même que celui des machines à sous, active le striatum ventral et libère de la dopamine.

Résultat : plus le contenu est imprévisible, plus il est difficile de s’arrêter.

Quand l’algorithme entretient le « doom loop »

Fin 2024, une équipe emmenée par la neuroscientifique Tali Sharot (University College London) a démontré, dans Nature Human Behaviour, que les personnes en basse humeur consultent davantage de pages négatives… qui dégradent encore leur humeur, les poussant à chercher plus de contenus anxiogènes. Un vrai cercle vicieux mesuré sur plus de 1 000 participants.

Une étude de The Guardian montre un tableau similaire : l’excès de nouvelles sombres nourrit anxiété existentielle, méfiance et désespoir chez les étudiants.

Ce que l’IRM révèle : le scroll laisse une empreinte

Une revue systématique de 28 études d’IRM structurale et fonctionnelle souligne que l’usage problématique des réseaux est associé à :

  • une réduction du volume du striatum ventral et de l’amygdale ;
  • une hyper-activité des circuits de récompense face aux signaux “sociaux” (likes, notifications) ;
  • des connexions atypiques dans le réseau attentionnel dorsal.

Autrement dit, plus nous scrollons, plus notre cerveau se reconfigure pour trouver le scrolling… encore plus attrayant.

Les répercussions sur le sommeil, l’humeur et l’estime de soi

Dépression, troubles du sommeil, baisse de la mémoire de travail : les symptômes rapportés par la clinique rejoignent les résultats expérimentaux. Une méta-synthèse publiée en 2023 dans le Journal of Public Health and Primary Care décrit même un « syndrome du zombie scrolling » où le temps et la conscience de soi se diluent Lippincott.

Pourquoi notre cerveau préfère le court terme

La neuroscientifique Emily Falk (University of Pennsylvania) rappelle que notre « système de valorisation » attribue plus de poids à un plaisir immédiat qu’à un bénéfice lointain. Vu sous cet angle, choisir un reel plutôt qu’un dossier de retraite semble (hélas) rationnel : l’image est là, la pension est abstraite.

Bonnes nouvelles : on peut briser la spirale

  • Créer des “points d’arrêt artificiels” : définir un minuteur de 10 minutes ou remplacer le scroll infini par un plugin qui pagine le fil.
  • Rendre l’objectif concret : “Si je veux lire 30 pages de mon roman ce soir, j’active le mode avion après 21h.” Ce “if/then planning” rapproche la récompense — le roman terminé — du présent.
  • Jouer la carte sociale : lire ou méditer en groupe aligne nos circuits de récompense sur ceux des autres, montre le laboratoire d’Emily Falk.

La déconnexion, un reset pour la dopamine

Partir trois jours sans réseau ni notifications réduit la recherche compulsive de stimuli et rétablit un niveau basal de dopamine, explique la psychologue Sarah Martin, qui plaide pour les retraites “off the grid”. Même une “journée sans portable” peut déjà améliorer le sommeil et l’attention, comme le confirment nos témoins sur AirZen Radio.

Passer à l’action : quelques stratégies simples

  1. Paramétrez le temps d’écran sur iOS ou Android et verrouillez-le avec un code tiers.
  2. Désactivez le défilement automatique grâce à des extensions gratuites.
  3. Organisez votre page d’accueil : mettez Kindle ou Spotify en avant, cachez les apps sociales dans un sous-dossier.
  4. Pratiquez la pleine conscience : un scan corporel de cinq minutes avant d’ouvrir le téléphone aide à prendre conscience de l’impulsion.

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