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Pourquoi cuisiner coupe l’appétit… ou quand le nez prend le dessus

© crédit photo : mimagephotos via Adobe Stock
Une nouvelle étude révèle comment les odeurs et le cerveau coupent la faim des cuisiniers. Décodage scientifique et conseils pour savourer malgré tout.

Vous passez deux heures à mijoter un bœuf bourguignon, la maison embaume, vos proches accourent… et soudain, vous n’avez plus faim. Rassurez-vous : votre palais n’est pas devenu snob et votre plat n’a rien de raté. C’est le cerveau qui, bombardé d’arômes, déclenche un signal de satiété avant même que la première bouchée n’atteigne votre bouche. Voici pourquoi – et comment contourner ce drôle de tour joué par nos sens.

Quand la cuisine coupe l’appétit : un phénomène universel ?

La psychologue britannique Jane Ogden a invité des volontaires à préparer un snack avant de le déguster. Verdict : ceux qui avaient activement cuisiné consommaient jusqu’à 20 % de calories en moins que les témoins restés les mains dans les poches. Le simple fait de touiller, goûter, humer aurait donc un pouvoir rassasiant.

Dans un sondage que l’équipe a glissé en fin d’expérience, plus des deux tiers des participants disaient « ne plus avoir très faim » une fois le plat terminé – un aveu qui dépasse largement la seule salle de laboratoire : chefs professionnels, parents pressés ou amateurs du dimanche décrivent tous ce coup de mou gustatif post-cuisine.

Le rôle des odeurs et de la satiété sensorielle spécifique

Les chercheurs parlent de « satiété sensorielle spécifique » : à force d’exposer nos récepteurs olfactifs à un même parfum (le ragoût qui mijote, la tarte qui dore), le cerveau finit par le juger moins attrayant, un mécanisme proche d’une « adaptation » des sens.

Résultat : le plaisir anticipé baisse, la faim aussi.

Paradoxe : l’attention aux odeurs, d’ordinaire censée ouvrir l’appétit, finit ici par produire l’effet inverse. Les nutritionnistes y voient un garde-fou naturel : à la préhistoire, flairer longtemps une proie en train de cuire permettait peut-être d’éviter de tout dévorer avant la tribu.

Aujourd’hui, le même mécanisme nous pousse surtout à ranger la cuillère de dégustation… quitte à laisser refroidir notre assiette.

Une nouvelle piste neuronale signée Max Planck

En juin 2025, une équipe du Max Planck Institute for Metabolism Research a découvert un circuit « nez- cerveau » inédit : chez la souris, certaines cellules de l’hypothalamus, activées par l’odeur d’un aliment, freinent la production de ghréline, l’hormone de la faim. Sur les rongeurs maigres, l’effet coupe-faim est net ; sur les obèses.

Si la piste se confirme chez l’humain, elle expliquerait la variabilité de nos réactions – pourquoi votre ado affamé dévore la casserole quand vous, le nez saturé, vous contentez d’un yaourt.

Les neuroscientifiques envisagent déjà des thérapies olfactives pour réguler l’appétit, un jour peut-être plus efficaces (et moins coûteuses) que les pilules coupe-faim.

Conseils pratiques pour garder l’envie de passer à table

Faut-il arrêter de cuisiner ? Sûrement pas.

Quelques astuces permettent de déjouer la satiété précoce : ouvrir la fenêtre pour aérer les vapeurs les plus entêtantes ; préparer des mises en bouche acidulées (pickles, agrumes) aux arômes différents de votre plat principal ; différer la dégustation finale de quelques minutes pour « rincer » votre nez avec un verre d’eau fraîche ou un thé vert.

Les diététiciens conseillent aussi de déléguer la touche finale – herbes fraîches, filet d’huile – à un convive : un changement d’odeur en toute fin de préparation ravive souvent l’appétit.

Et si vraiment la faim ne revient pas ? Conservez votre plat, votre envie pourrait réapparaître plus tard : la satiété sensorielle s’estompe en général en moins d’une heure, indiquent les auteurs de la revue Nutrients.

Pourquoi écouter son nez peut changer notre assiette de demain

Comprendre cette interaction entre odeurs et hormones pourrait aider à lutter contre le grignotage comme contre le sur-poids. Les spécialistes envisagent déjà des cuisines d’hôpital diffusant des arômes ciblés pour stimuler ou, au contraire, calmer l’appétit des patients.

À la maison, on pourrait jouer des senteurs pour respecter nos besoins réels : parfumer l’air à l’heure de l’apéritif pour éviter de se jeter sur les chips, ou au contraire aérer la pièce quand on voudrait manger un peu plus.

Bref, apprendre à « respirer avant d’avaler » n’a rien d’un caprice d’influenceur, c’est une stratégie validée par la science – et une bonne nouvelle pour celles et ceux qui aiment cuisiner sans forcément devoir finir le plat.

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