« C’est un élevage assez rare, car il est spécifique », explique Sandrine, ancienne vétérinaire devenue gérante d’une ferme d’une vingtaine d’ânes à Vallouise, dans le Parc national des Écrins.
C’est en cherchant une nouvelle façon de travailler avec les animaux qu’elle a développé en famille la ferme de l’Âne qui Bulle. Ici, pas de randonnées ni de médiation asine, mais du lait d’ânesse utilisé pour faire des cosmétiques. Un lait réputé pour sa qualité, son onctuosité, sa douceur. Celui-ci convient notamment aux peaux sensibles et réactives.
Lait d’ânesse : quid du bien-être animal ?
Il faut compter un an de gestation pour faire naître un ânon. Une patience imposée qui permet de ne pas sursolliciter les ânesses. Pour son organisation, la productrice a donc séparé le troupeau. Celles qui sont en gestation partent en alpage en semi-liberté, tandis que les jeunes mères en lactation restent à la ferme.
Ainsi, chaque année, environ 4 à 5 ânesses mettent bas au printemps. « On les trait à la main aux 3 mois de l’ânon, quand il commence à se diversifier et manger de l’herbe », détaille Sandrine. Contrairement aux vaches ou aux moutons, les ânesses doivent avoir leur bébé à proximité pour produire du lait. La séparation n’est donc pas envisageable. Le compromis est donc le suivant : sur les 9 litres de lait que produit l’ânesse, Sandrine en prélève un par jour.
Pour partager cet artisanat, la ferme de l’Âne qui Bulle ouvre ses portes au public. L’occasion de découvrir avec transparence le troupeau et le laboratoire et de goûter des crêpes et gâteaux au lait d’ânesse.