Quelque part à Paris, à la Cité des sciences et de l’industrie, dans un coin du deuxième étage, il existe une sorte de portail temporel. Une exposition qui remonte le temps, au contact d’artefacts sonores d’une autre époque. “Machine arrière #1 : le radio-transistor” est le fruit d’une collaboration avec Radio France Studios, à visiter jusqu’au 2 novembre 2025.
S’informer, rire, suivre un match sportif, apprendre, écouter de la musique, etc. Nous avons tous nos habitudes d’écoutes radiophoniques, que ce soit en appuyant sur un bouton pour allumer le poste ou via son smartphone. Début 2025, selon Médiamétrie, près de 70 % des Français de plus de 13 ans ont écouté la radio en semaine, contre 55% le week-end. La radio occupe ainsi une place de choix dans notre quotidien. D’après Samia Lorrain-Djidar, co-comissaire de l’exposition, les objets présentés donnent justement « une information sur l’aspect communautaire de la radio et sur comment les auditeurs l’écoutent ».

Des évolutions techniques
Le transistor est considéré comme l’un des principaux éléments électroniques ayant permis le développement des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Avec une taille aujourd’hui nanométrique, il est un composant qui se trouve par milliard dans nos smartphones. Son rôle : redresser, moduler, amplifier des signaux électriques. Grâce à lui, la radio est devenue plus petite et moins lourde. Elle lui doit indubitablement son essor, tout comme à la pile électrique. Des vieilles radios à lampe peu transportables, nous sommes passés à des postes beaucoup plus mobiles. Puis, il y a eu Internet et les smartphones.
Aujourd’hui, il y a l’essor du podcast natif, avec des épisodes qui ne sont pas la rediffusion d’une émission. Puis le DAB+ aussi, sur lequel il est possible d’écouter AirZen Radio. Aussi connu sous le nom de radio numérique terrestre, il apporte un meilleur confort pour les auditeurs grâce une meilleure couverture, à terme, et, surtout, une meilleure qualité audio.
La radio, aussi politique que technique
“Machine arrière #1 : le radio-transistor” permet cette (rapide) immersion historique. D’abord, grâce à des objets d’autres époques : radio à ampoule, platine, ghetto- blaster, Nagra, etc. « L’évolution de la radio n’est pas linéaire, rappelle Julia Maciel, autre co-commissaire de l’exposition, face aux objets immobiles, mais parlants. Avec le ghetto-blaster, on peut voir qu’on est retourné à un objet plus volumineux. Il y a des allers-retours sur la technique, mais pas seulement. »
Sur les côtés, des panneaux informatifs guident les visiteurs-auditeurs dans leur déambulation technique et historique. À l’instar de la révolution « transistorique », l’évolution de la radio est ponctuée d’autres révolutions techniques et sociales. Il y a eu la miniaturisation technologique, donc, les radios pirates et la révolte d’une jeunesse, en Mai 68. La France a aussi connu la fin du monopole d’État avec la libéralisation des ondes sous Mitterrand, l’essor de la FM et la professionnalisation d’une discipline.

Le paroxysme de l’exposition est sans doute cette fiction immersive : une scène de Mai 68 réalisée avec les moyens de Radio-France Studio. C’est dans la capsule au fond de l’exposition que se déroule le véritable voyage dans le temps, en son spatialisé. L’immersion est si réaliste qu’il paraît presque possible de toucher du doigt la scène que l’on entend.
D’autres retours dans le passé
Deux autres voyages temporels « Machine arrière » seront proposés aux visiteurs. Il y aura un focus sur la machine à écrire (à partir de fin novembre 2025) et un sur l’autochrome (à l’automne 2026), le premier procédé industriel de photographie en couleur breveté par les frères Lumière. Cette série d’expositions reprend la ligne éditoriale “La science, toute une histoire. Il s’agit d’expositions autour de figures savantes, d’avancées scientifiques ou de grandes théories. Commencer par la radio, c’est commencer par un outil qui parle à tous. À vous de le constater, avec peut-être une pointe de nostalgie, ce que vous avez connu ou non.