Il y a, près de l’entrée sud du parc Montsouris, dans le 14e arrondissement de Paris, une sorte de grand menhir abandonné. La végétation estivale le masque presque, malgré ses 4 mètres de hauteur. En son sommet, un trou dans la pierre. « C’est par là qu’il faut regarder », semble-t-il indiquer. Sur le devant, une inscription gravée : « Du règne de (Nom effacé. Il s’agissait de Napoléon). Mire de l’observatoire MDCCCVI (1806 en chiffres romains) ».
Cette mire servait à calibrer les lunettes méridiennes de l’Observatoire de Paris, situé 1,7 km plus au nord. Le méridien de Paris, cousin français du célèbre méridien de Greenwich, passe par cet établissement scientifique. Cependant, la mire ne se trouve pas précisément sur cette ligne imaginaire reliant les pôles. Pour la visualiser, il faut se déplacer d’environ 70 mètres vers l’ouest. Au sol, se faisant oublier lui aussi, un petit médaillon métallique estampillé au nom d’Arago (François, ancien directeur de l’observatoire de Paris) et des indications N-S (Nord et Sud).
Une histoire de repérage
Pour se situer sur Terre, nous avons besoin de deux mesures. Une latitude, qui mesure notre distance angulaire par rapport à l’équateur. Ainsi qu’une longitude, qui donne notre écart angulaire par rapport à un méridien (la Terre étant divisée en 360 méridiens). Celui de référence est le méridien de Greenwich, qui passe par l’observatoire de Londres. C’est de là que partent les fuseaux horaires. Une négociation historique a eu lieu à ce sujet entre les Français et les Anglais. « Les Anglais faisaient du méridien de Greenwich le méridien de référence, caricature Guillaume Laigle, de l’Association française d’astronomie (AFA). En échange, ils devaient adopter le système métrique. »
Ironiquement, l’Histoire démontre qu’une part du marché n’est pas complètement tenue. Les Britanniques utilisent en effet un système mixte. Les mesures scientifiques sont faites en mètre. Mais le système impérial garde une place de choix, notamment sur les routes où les distances sont affichées en miles.

Le siège de l’AFA
Dans le coin sud-ouest du parc Montsouris, on se croirait presque au Pays basque. Une grande pelouse, des parterres de fleurs, une belle baraque blanche de deux étages aux moulures de bois peintes en rouge. C’est l’ancien bureau des longitudes, abandonné en 1983. Aujourd’hui, c’est l’Association française d’astronomie qui l’occupe.
Elle est située à l’entrée de l’ancien domaine de l’École observatoire d’astronomie marine du bureau des longitudes. Installée à la fin du XIXe siècle, elle servait à former les officiers de la marine au maniement des instruments astronomiques. Lorsque les GPS n’existaient pas, les étoiles étaient reines.