C’est un terrain en pente niché à 1 000 m d’altitude. Depuis trois ans, dans la station de Morzine, en Haute-Savoie, une exploitation maraichère tient bon malgré les enjeux. D’abord, il y a les terrains qui « limitent l’utilisation des machines. On fait donc beaucoup de choses à la main », explique Jean-Christophe Audis, propriétaire de la Cordée de Légumes.
Ensuite, il y a les sols, qui n’ont pas les caractéristiques des vallées. Enfin, il y a surtout la météo. « On a des débuts de saison tardifs et des fins de saison rapides. On a donc des fenêtres de cultures beaucoup plus étroites », poursuit-il. Malgré tout, l’exploitation tient ses promesses. L’une des parcelles vient ainsi d’être labellisée en bio, les autres sont en cours.

Sur cette exploitation de 3 000 m², Tifany Moizan, maraichère, a fait un travail remarquable. « Avant, il n’y avait rien. La Cordée de Légumes s’inscrit au sein d’un groupe de sociétés qui fait de la restauration et nous voulions produire nos propres légumes », détaille le propriétaire du terrain. Est alors né ce projet de circuit court qui s’inscrit dans une démarche d’économie d’eau et d’électricité. Ici sont produits fraises, framboises, mûres, haricots verts, choux, courgettes, salades, tomates…
Reste un point non négligeable : l’aspect économique. « Forcément, on est plus cher, que les grands distributeurs, il faut donc expliquer. […] On a moins de quantité, mais on arrive à sortir des productions supérieures en qualité », précise Jean-Christophe Audis. À terme, il souhaite agrandir son exploitation avec quelques projets qui se dessinent : installer une serre, continuer à labelliser les productions et tendre vers le zéro déchet.