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Kilos émotionnels : les conseils de psys et de neuroscientifiques qui allègent vraiment la balance

D.R.
Anxiété, cortisol, circuits de la récompense : domptez l’alimentation émotionnelle grâce à des conseils pratiques validés par la psychologie et les neurosciences.

Le tiroir à biscuits n’a jamais demandé de loyer, mais il coûte souvent cher à la taille : quand l’anxiété frappe, le cerveau réclame un shoot de sucre aussi sûrement qu’un smartphone sa prise électrique. Ce « réflexe madeleine » se paie en kilos émotionnels, le terme pudique pour désigner la prise de poids qui accompagne nos montagnes russes psychiques.

Bonne nouvelle : psychologues cliniciens et neuroscientifiques savent aujourd’hui décrire le mécanisme – et proposer des stratégies qui ne consistent pas à vivre d’air et d’eau minérale.

Quand l’émotion fait grimper l’aiguille

L’idée que le chagrin pèse lourd n’est pas qu’une métaphore. Une cohorte de plus de sept mille adultes suivie par l’International Journal of Obesity montre que l’anxiété initiale prédit, quatre ans plus tard, une augmentation de l’indice de masse corporelle, précisément médiée par l’alimentation émotionnelle. Le phénomène se révèle plus marqué chez les femmes et les personnes peu actives. Autrement dit, l’émotion n’est pas un à-côté : elle s’invite à table, choisit le menu – souvent hypercalorique – puis reste pour le dessert. Les cliniciens observent la même logique en consultation : manger apaise d’abord le système limbique, réduit la tension physiologique et, par un joli retour de bâton, alimente la culpabilité… donc l’envie de grignoter. Le cercle est parfaitement bouclé, un peu comme un donut.

Le cerveau en quête de récompense, pas de calories

Ce que les balances enregistrent, les scanners cérébraux l’expliquent. L’amygdale et le striatum dopaminergique s’illuminent dès qu’une saveur réconfortante pointe son nez ; ils n’attendent même pas la digestion. Des travaux publiés au printemps 2025 dans Nature détaillent comment ces régions réactivent en boucle le souvenir d’un goût associé à un soulagement différé, renforçant la mémoire… et l’envie ! En clair, nos neurones retiennent la promesse de plaisir avant de compter les calories. Dès lors, diaboliser la tablette de chocolat sans comprendre la logique de la récompense revient à retirer un pansement sans soigner la plaie.

Stress, cortisol et compagnie : le cocktail qui fait gonfler

Lorsque la boîte mail déborde, l’organisme libère du cortisol, hormone utile pour courir après un mammouth mais redoutable pour le tour de taille. Ce pic hormonal stimule l’appétit et oriente vers les aliments gras ou sucrés, confirmant les observations de la Harvard Medical School sur le « stress-eating ».

Plus insidieux : des analyses de cortisol dans les cheveux indiquent qu’une exposition prolongée au stress anticipe la prise de poids future et la résistance à l’insuline. En d’autres termes, le corps garde la trace biochimique des soucis, et cette mémoire hormonale continue d’influencer la balance longtemps après la résolution du problème initial.

Six leviers validés par la science pour casser le cercle

D’abord, distinguer faim biologique et faim émotionnelle : poser la main sur le ventre, respirer cinq fois par le nez, nommer clairement l’émotion – ennui, colère, solitude – suffit souvent à réduire l’impulsion. Les neuroscientifiques parlent de « recruter le cortex préfrontal », chef d’orchestre du contrôle inhibiteur, pour calmer l’amygdale en quête de réconfort rapide. Vient ensuite la planification alimentaire : anticiper trois repas riches en protéines et fibres stabilise la glycémie et étouffe les fringales. L’activité physique, même modérée, active le système endocannabinoïde endogène ; le cerveau obtient ainsi sa dose d’euphorie sans calories.

Les psychologues recommandent aussi l’ACT (Acceptance and Commitment Therapy) : accepter l’émotion plutôt que la fuir réduit d’un tiers les épisodes de grignotage, selon une méta-analyse parue en 2024. Autre levier : la pleine conscience gustative – regarder, sentir, puis mâcher lentement – qui prolonge la présence des saveurs, augmente la satiété hormonale et modère la réponse dopaminergique.

Enfin, le soutien social joue un rôle clé : l’imagerie fonctionnelle révèle que la présence d’un proche atténue l’activité du circuit de récompense face à une pâtisserie. Se faire accompagner – coach, thérapeute, groupe de parole – n’est donc pas un luxe mais un choix neurologiquement pertinent.

Mettre les émotions à table, sans qu’elles prennent la place du plat

Tout conseil diététique se fracasse sur la réalité si l’on oublie le plaisir. L’objectif n’est pas de supprimer le gâteau d’anniversaire mais de savoir pourquoi on voudrait terminer toute la boîte de gâteaux le soir venu. À long terme, le poids s’ajuste quand l’émotion retrouve sa fonction de signal d’alarme au lieu de jouer les chefs cuisiniers. Mieux vaut une stratégie durable – savourer, ralentir, écouter son corps – qu’un régime éclair qui laisserait le psychisme sur sa faim.

Les kilos émotionnels ne se traitent pas comme une simple équation calorique mais comme une conversation intérieure. En réapprenant à écouter le corps, à décoder le cerveau et à demander de l’aide quand le mental déborde, on allège enfin la balance… et l’esprit.

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