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Jogging sur la plage : courir dans le sable, rêve de carte postale ou fausse bonne idée ?

© © Gautierbzh via Adobe Stock
Courir dans le sable muscle le corps mais secoue les chevilles. Bénéfices, risques et conseils de pros pour transformer votre footing côtier en succès.

La scène est digne d’un spot publicitaire : lever de soleil, bruit des vagues et foulées légères qui soulèvent un nuage doré. Pourtant, derrière la carte postale, courir dans le sable révèle un visage plus nuancé : effort accru, terrain instable, promesse de mollets en feu mais aussi d’articulations choyées. Que disent les scientifiques, les kinés et les entraîneurs ?

Tour d’horizon – pieds nus ou en chaussures – pour savoir si votre prochaine séance mérite vraiment un aller-retour jusqu’à la ligne d’eau.

Le sable, ce laboratoire naturel pour la biomécanique

À première vue, un sol mou devrait ménager les articulations. C’est vrai… jusqu’à un certain point. Une étude de l’université de Potsdam révèle que le sable réduit la vitesse de course mais augmente l’activité des quadriceps et du tibial antérieur, signe d’un travail musculaire intense et stabilisateur ; l’instabilité exige plus de recrutement neuromusculaire, surtout chez les coureurs sujets à l’hyper-pronation.

Autrement dit, chaque foulée sollicite davantage la chaîne postérieure et renforce l’équilibre, à condition que la cheville garde le contrôle.

Les chiffres parlent aussi calories : selon l’analyse énergétique du Journal of Sports Sciences, la dépense grimpe de 20 % par rapport au bitume – un bon plan pour ceux qui guettent la charge d’entraînement sans rallonger la distance.

Des bénéfices solides… dans un décor mouvant

Le kinésithérapeute Hemrick Verwaerde rappelle que la surface souple « préserve les genoux en limitant les chocs verticaux » tout en raffermissant les muscles profonds ; c’est le fameux combo « renforcement + amorti » qui séduit les vacanciers sportifs. D’autres atouts s’invitent : exposition à la lumière naturelle, air iodé, sensation de liberté – de quoi doper la dopamine et agrémenter la sortie d’un supplément de bonne humeur.

L’avantage psychologique n’est pas négligeable. Les séances en extérieur, surtout au bord de l’eau, réduisent la perception de l’effort et améliorent l’humeur, confirment les recherches menées sur l’exercice en pleine nature. Voilà pourquoi le footing littoral fait du bien même quand les cuisses protestent.

Instabilité, blessures : le revers de la médaille

Sol mouvant rime avec contraintes excentriques fortes : les tendons d’Achille et les mollets sont mis à contribution dès les premières foulées. Les spécialistes interrogés par Self mettent en garde : l’instabilité multiplie le risque d’entorse ou de tendinite, surtout en sable sec où le pied s’enfonce et tord la cheville.

Même constat chez les traileurs interrogés par L’Équipe : la fatigue arrive plus vite, la proprioception est sollicitée en permanence, et l’euphorie peut masquer une surcharge précoce.

Autre piège : l’asymétrie naturelle de la plage. Courir longtemps en dévers – ce léger plan incliné vers la mer – soumet hanches et genoux à des angles inhabituels. Morale : on change de sens au retour pour équilibrer.

Mode d’emploi pour un footing sablonneux sans casse

Tout commence par le choix du terrain. Le sable humide, tassé par le ressac, offre un compromis idéal : assez souple pour amortir, assez ferme pour éviter l’ensablement complet. On y court plutôt à marée basse, tôt le matin ou en fin de journée, lorsque la température apaise les mollets et que la plage se vide.

Côté tenue, alterner séances chaussées et courtes portions pieds nus muscle la voûte plantaire sans la martyriser. Dans un premier temps, dix minutes suffisent ; on augmente ensuite par paliers, comme on ajouterait des épices dans un plat – avec parcimonie. L’échauffement articulaire devient incontournable : chevilles en rotation, montées de genoux progressives, fessiers réveillés par quelques squats dynamiques.

La progression se joue sur le volume : deux sorties hebdomadaires de 20 minutes constituent un socle raisonnable pour acclimater tendons et mollets. Les coureurs expérimentés peuvent glisser un travail de côtes dans les dunes ou un fartlek sur alternance sable mou/sable dur, mais jamais deux jours de suite : les micro-lésions musculaires réclament au moins 48 heures pour cicatriser.

L’hydratation mérite un rappel : le vent marin masque souvent la sudation. Un demi-litre d’eau pour 30 minutes d’effort reste une base – on boit avant, pendant si nécessaire, et après, quoi qu’en pense le photographe Instagram.

Courir dans le sable oscille entre stage de renforcement gratuit et piège à tendons. Le décor de vacances ne dispense pas de méthode : choisir le bon créneau horaire, débuter sur sable humide, écouter le feedback tendineux.

Suivez ces lignes de conduite et vos mollets chanteront plutôt que de hurler, tandis que votre esprit profitera d’un panorama que nul tapis de course ne pourra copier.

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