Début des années 2000, Gilles et Cécile ont fait le choix d’adopter un enfant porteur de trisomie 21. “Il nous a toujours semblé important d’accueillir des personnes fragiles ou en difficulté chez nous. Adopter notre fils a marqué le début de notre aventure dans l’accueil. Dans les années 2020, nous avons également reçu des migrants en difficulté, venus de différents pays”, raconte Gilles. Il y a plusieurs années, l’ancien chef d’entreprise a cédé sa société. Il a alors décidé de consacrer son temps libre aux autres.
Le couple s’est pour ce faire rapproché du village Saint Joseph, une fédération chrétienne composée de plusieurs maisons d’accueil. La Maison Stella Maris, qui en fait partie, est ouverte à toutes les personnes motivées par le projet. “Chaque jour, nous suivons un programme bien précis. Nous commençons par une réunion, pendant laquelle nous répartissons les tâches à réaliser. Ensuite, il y a deux temps d’activité. Nous prenons nos repas tous ensemble, c’est aussi très important pour nous”, détaille Gilles.
Un quotidien rythmé par des activités et des temps de partage
Les huit résidents ont des profils différents. Certains ont connu la rue, d’autres souffrent d’addictions ou de maladies psychiques. “Il y a beaucoup à faire ici, entre la cuisine, le jardin, le potager, l’entretien du bâtiment… Des bénévoles viennent également animer des activités artistiques. La pratique d’une activité artistique est, selon nous, primordiale pour que ces personnes s’expriment.”
Les personnes qui souffrent de maladie ou de dépendance sont suivies par des médecins, des psychiatres et des addictologues.
Retrouver l’estime de soi
“Ces professionnels de santé nous ont expliqué que nous répondions à un réel besoin. En tout cas, notre premier objectif est la reconstruction de ces personnes. Elles doivent retrouver une estime d’elles-mêmes et, surtout, avoir le temps de laisser leurs blessures se guérir, avant de se réinsérer dans la vie normale. Mais il faut garder en tête que ces personnes resteront toujours fragiles. Alors, il faut rester prudent.”
Les résidents peuvent rester autant de temps qu’ils le souhaitent. Ils quittent la maison lorsqu’ils se sentent prêts et en ont les moyens.