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Cyberattaque : comment récupérer la main sur vos données personnelles en trois actions simples

© © Ali via Adobe Stock
Victime d’une cyberattaque ? Conseils pratiques, retour sur l’affaire Bouygues Telecom et bons réflexes CNIL : reprenez le contrôle de vos données volées.

Un courriel au parfum de panique, l’objet qui clignote : « Incident de sécurité – Vos informations concernées ». Le 6 août 2025, les abonnés de Bouygues Telecom ont découvert que 6,4 millions de comptes avaient fuité après une cyberattaque.

L’opérateur a colmaté la brèche, alerté la CNIL et déposé plainte, mais le mal était fait : coordonnées, IBAN, données contractuelles circulent désormais sur les marchés gris du Web. Lorsque vos propres renseignements se retrouvent dans cette lessiveuse numérique, l’urgence est d’agir vite, méthodiquement, et sans céder au découragement.

Bouygues Telecom, radiographie d’une brèche moderne

Selon le communiqué de l’opérateur, le pirate n’a pas touché aux mots de passe ni aux numéros de carte bancaire, mais les données d’état civil ou professionnelles suffisent déjà à fabriquer un faux conseiller bancaire très convaincant. L’entreprise a mis en place une page dédiée et un numéro vert, mais souligne que la vigilance revient d’abord aux abonnés.

En 48 heures, la CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés) a reçu la notification réglementaire ; un rappel utile : toute société qui garde vos données est tenue de vous avertir « dans les meilleurs délais » dès qu’une violation présente un risque élevé pour vos droits. Le dossier montre surtout que même un géant télécom bardé de pare-feux reste prenable ; notre solitude numérique s’en trouve… rafraîchie.

Le premier réflexe : limiter la casse avant qu’elle ne s’étende

Une fois l’alerte reçue, vos identifiants deviennent suspects jusqu’à preuve du contraire. La CNIL conseille de changer sans délai les mots de passe stratégiques : messagerie, banque en ligne, impôts.

Chaque mot de passe doit être long, unique, géré par un coffre-fort numérique plutôt que par un Post-it jaunissant sur le frigo.

Surveillez vos comptes bancaires comme on surveille un four lancé en mode pyrolyse : un œil tous les quarts d’heure au début, puis chaque jour la première semaine. Au moindre prélèvement douteux, opposition immédiate ; la réglementation vous laisse treize mois pour contester un débit SEPA non autorisé, mais mieux vaut réagir avant que la somme ne finance un yacht échoué au large de Dubaï.

Dans le même élan, activez l’authentification à deux facteurs partout où c’est possible. La gymnastique du code temporaire fatigue l’esprit au début, puis devient un automatisme – un peu comme attacher sa ceinture de sécurité : personne n’aime ça, mais tout le monde le fait.

Reprendre le contrôle : alerter, surveiller, documenter

Dès que vos données personnelles croisent le dark web, le risque majeur s’appelle usurpation d’identité.

Dès que vous constatez que quelqu’un utilise votre identité, déposez plainte – même en ligne si votre commissariat propose la pré-plainte –, signalez-vous sur la plateforme Cybermalveillance.gouv.fr qui oriente vers un diagnostic gratuit et, si nécessaire, un prestataire labellisé.

Conservez chaque e-mail suspect, capturez l’écran d’une transaction inconnue : ces preuves accéléreront les démarches bancaires.

Les jours suivants, ouvrez l’œil sur les SMS trop pressants et les appels au ton paternaliste. Les fraudeurs adorent citer votre IBAN pour « confirmer votre identité ».

Raccrochez, composez vous-même le numéro officiel de votre banque ; vous gagnez la paix de l’esprit et économisez peut-être un emprunt souscrit à votre nom.

Anticiper la prochaine offensive : l’arsenal préventif

Personne n’exhibe sa brosse à dents ; pourquoi exhiber son mot de passe ? Le kit de sensibilisation de Cybermalveillance rappelle dix bonnes pratiques : phrase de passe de douze caractères minimum, gestionnaire chiffré, double authentification, mises à jour régulières.

Investissez aussi dans la sauvegarde hors ligne : un disque dur déconnecté ne craint ni rançongiciel ni pêche aux données. Enfin, fractionnez vos adresses e-mail : une pour la banque, une pour les réseaux, une pour les inscriptions éphémères. Vous réduisez d’autant la surface d’attaque – et vous tenez la boutique en ordre.

Les entreprises, elles, doivent dépasser le simple audit annuel : tests d’intrusion réguliers, chiffrement systématique des bases clients, formation continue du personnel. Le pirate s’invite souvent par l’erreur humaine ; la mise à jour technique sans la mise à jour cognitive, c’est un peu un cadenas neuf sur une porte grande ouverte.

Dernier mot

Face à une cyberattaque, le pire ennemi n’est pas le hacker, c’est la résignation. En appliquant ces gestes rapides, structurés et confirmés par la CNIL, vous réduisez la durée de vie commerciale de vos données volées. La mésaventure de Bouygues Telecom le rappelle : la question n’est plus de savoir si une fuite se produira, mais comment vous rebondirez quand elle surviendra – sans pour autant renoncer au Wi-Fi.

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